Publie le : 2017-03-15 15:07:57
Par : alcindor losthelven

Un hommage unanime
MARMELADE, 11 Mars – C'était aux récentes funérailles de son ex-ministre de l'Agriculture François Séverin, René Préval entouré de personnalités qui ont été ministre ou haut-fonctionnaire de ses deux administrations (1996-2001 et 2006-2011), comment des compatriotes compétents et aussi intimement liés les uns aux autres, nous nous sommes-nous demandés, n'ont-ils pu empêcher le pays de continuer à dégringoler au point où il est aujourd'hui parvenu ?
Et d'un.
Deux, on est le samedi 11 mars, au Kiosque Occide Jeanty, au Champs de mars, au centre ville de la capitale, capacité 3.500 places, funérailles nationales de l'ex-président René Préval décédé subitement une semaine plus tôt, le vendredi 3 mars.
Pas de place pour piquer une aiguille. Des gens de tous âges. Et de toutes les catégories sociales. Dans les gradins, une majorité de jeunes en uniformes et derrière leurs banderoles une quantité d'organisations communautaires témoignant de l'engagement du célèbre défunt envers le développement au niveau local, ou comme on dit à la base, 'bottom up' ou de bas en haut.
En fin de journée, toujours le samedi 11 mars, nous voici dans la ville natale de la famille Préval, et dont l'ex-président aux deux mandats a fait son vrai domicile fixe, plus que sa résidence de campagne : Marmelade, dans les hauteurs perdues dans le brouillard du morne Puilboreau, à environ 3 heures en voiture au nord de Port-au-Prince.
C'est là qu'a lieu l'inhumation. Dans une atmosphère de fraternité entre gens de tous les coins et recoins du pays, paysans, citadins, cadres, une seule et même grande famille partageant le même sentiment d'une perte trop tôt survenue, ou comme a dit Patricia Préval, la fille cadette du défunt, dans son homélie : la chute de la plus haute branche d'un arbre qui n'avait pas cessé de produire des fruits.

Il était une fois ...
René Préval reposera dans un début de mausolée juste en face d'un lac collinaire et au milieu d'une ferme desservant une plantation de bambou.
Le cercueil en bambou artistiquement travaillé a été réalisé par des artisans de Marmelade.
Le défunt en avait-il jamais rêvé ? C'est son secret.
Mais celui que nous aurions aimé percer c'est pourquoi tant d'unité et de cohésion au sein d'une même nation, après tant de promesses tenues à la chute de la dictature qui nous a pendant 30 ans écrasé ('diktati kraze zo'), pourquoi ce même esprit où se marient compétence réciproque, abnégation, fraternité et respect de l'un pour l'autre n'a-t-il pu arrêter la chute ?
Est-ce que dans l'esprit du bien comme dans le mal, nous resterions ce que Graham Green appelle : 'Les Comédiens' ?
En tout cas, notre ancien président et ami quant à lui est, comme dit le créole, dans son 'lye verite l nan manti l' c'est-à-dire là où la vérité et le mensonge ne peuvent plus se confondre et c'est à nous les survivants qu'il revient d'y répondre.
Il était une fois le 7 février 1986. Chute (peut-être trop soudaine) d'une dictature qui en 30 ans avait massacré vies (dizaines de milliers de morts et disparus) et écrasé toutes les libertés.

Qu'avons-nous foutu ? ...
Tout était à reconstruire. Mais ce ne sont pas les compétences qui manquaient. Le seul hic, n'avoir pas suffisamment médité l'Ecclésiaste : 'la suffisance comme l'orgueil vont au devant de la destruction. Et l'esprit supérieur n'est jamais loin de la chute.'
Exact.
Selon le célébrant principal de la messe des funérailles, samedi au Champ de Mars, Mgr Joseph Lafontant, René Préval, reconnu comme un militant de gauche, était revenu vers l'Eglise.
Mais bien entendu cela ne répond pas à la question. Et nous ne pousserons pas la recherche du calembour jusqu'à dire pour terminer : Amen !
Mais si l'hommage fait au défunt président par toute la nation, à l'intérieur comme à l'extérieur, a un sens c'est bien celui-là : qu'avons-nous foutu ?
Honte à nous si pour toute réponse il faille continuer à se jeter la pierre. On n'a su faire que ça. Comme par exemple pendant le premier mandat Préval (1996-2001), partagé ou même sacrifié entre les alliés d'hier : d'un côté Aristide prêt à tout pour récupérer la présidence de la République et de l'autre le parti OPL (du professeur Gérard Pierre-Charles) également décidé à tout faire échouer si ce n'est pas lui qui l'emporte. Etc, etc. Oui car tout va continuer, avec les autres acteurs (et actrices) quels qu'ils soient, selon le même canevas.
Curieusement voici Ti René aujourd'hui félicité, aussi bien nationalement qu'internationalement, pour avoir surtout conduit ses deux mandats présidentiels jusqu'à leur aboutissement normal : la tenue des élections et le transfert démocratiquement du pouvoir.
Mais on aurait pu faire mieux. Si l'on en juge par la démonstration unitaire du samedi 11 mars, au Champs de Mars, comme dans la communauté de Marmelade.
Aussi ne peut-on reprocher au peuple de nous faire boire aujourd'hui, à nous les soi-disant leaders : le calice amer !



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